Portugal. Tout est calme sur le front de l’Ouest ? (II)

Ce texte est paru dans Echanges n° 153 (automne 2015 – http://www.mondialisme.org/spip.php?article24589) ; sa première partie (www.echangesetmouvement.fr/2016/02/portugal-tout-est-calme-sur-le-front-de-louest/) a été publiée dans Echanges n° 152 (http://www.mondialisme.org/spip.php?article2458).

Les mouvements sociaux fonctionnent donc habituellement dans l’ombre des partis politiques et tendent à reproduire le discours et les fins stratégiques de ces derniers, en restant dans les limites de ce qui est acceptable au regard de leurs objectifs électoraux (par exemple, en s’abstenant d’enfreindre la loi et de défier l’autorité de l’Etat). Non seulement cela empêche ces mouvements d’être des espaces où se réinventent le discours et le répertoire politique, car habituellement ils finissent par dépérir, dès que s’amplifie le soupçon de leur manipulation par la bureaucratie d’un parti ; mais ensuite, ils laissent derrière eux, telles des coquilles vides, des noms, des logos et des porte-parole qui interviennent périodiquement dans les médias, chaque fois qu’un thème spécifique censé les concerner (le racisme, le sexisme, les licenciements, etc.) fait la « une ».
Contrairement à la plupart des autres pays en Europe, le Portugal n’a connu aucun mouvement étudiant depuis dix ans, en dépit de la constante dégradation du système éducatif, de la hausse des frais d’inscription et de l’intensification de la sélection sociale, de l’implication croissante des intérêts privés dans les universités publiques et la recherche scientifique, et dans un contexte de fort chômage des jeunes (quoique moins élevé qu’en Espagne ou en Grèce). Même la Confédération générale des travailleurs portugais, (CGTP), inféodée au Parti communiste (PCP), et qui demeure l’organisation la plus puissante en dehors de l’appareil de l’Etat (mais seulement en partie puisqu’elle touche des subventions considérables de la part de l’Union européenne et du gouvernement), qui est capable de rassembler plus de deux cent mille personnes dans des manifestations disciplinées et très bien mises en scène, perd constamment des adhérents et ne demeure forte que dans le secteur public, puisque la désindustrialisation a mis à la retraite la majeure partie des militants ouvriers.
Il va sans dire que ces mouvements sociaux ne tendent pas seulement à se concentrer sur le court terme – en s’opposant à telle ou telle mesure prise par le gouvernement du moment et en conservant une posture défensive, qui consiste essentiellement à s’accrocher à ce qu’on avait précédemment dénoncé comme inacceptable et contre quoi on avait lutté en vain – puisqu’ils fonctionnent dans un cadre conceptuel qui pose la nation comme l’espace naturel de la lutte politique et l’Etat comme le but ultime et l’instrument principal de la transformation de la société. Ce panorama politique inclut également certains groupes anarchistes et la scène habituelle de la théorie critique et/ou de la théorie artistique alternative, qui se tiennent très à l’écart de tout ce qui se passe, et en sont réduits à une posture autoréférentielle qui correspond à l’attitude défensive de la gauche. Tout le monde jouait son rôle lorsque quelque chose d’entièrement nouveau fit irruption.
Les choses commencèrent à changer lorsque de plus en plus de gens descendirent dans la rue, poussés par d’anciens désirs et l’impérieuse nécessité. Rappelons que les politiques d’austérité et les luttes anti-austérité étaient toutes deux antérieures au Mémorandum signé avec la Troïka [Fonds monéaire international-Banque centrale européenne- Commission européenne] en mai 2011, succédant à trois programmes de « stabilité et de croissance » qui avaient échoué à atteindre un quelconque équilibre budgétaire au cours de l’année précédente, mais s’étaient heurtés à une grève générale en novembre 2010 et à de très grosses manifestations nationales en mars 2011. Dès le début, ce mouvement de rue contre la dévaluation interne fut confronté à une série de choix que l’on peut résumer grossièrement ainsi :
a) reproduire le cadre institutionnel et la logique de l’Etat-nation, adopter des stratégies, des buts et des discours compatibles avec le monde de la politique classique qui sépare les représentants et les représentés, apparaître sous les traits respectables d’une société civile inquiète et désireuse d’améliorer et d’approfondir le processus démocratique, critiquer l’austérité en tant que stratégie politique « erronée » affectant les perspectives de croissance et l’« intérêt national », exiger une « vie normale » exempte de précarité et défendre l’Etat providence ; ou
b) mettre en cause l’ordre établi en rendant le pays ingouvernable, s’auto-organiser de manière horizontale et informelle, élaborer un récit autonome de la crise et une imagerie politique contre la nation et en-dehors de l’Europe, resserrer les relations sociales de solidarité et de partage, réinventer la vie quotidienne à chaque étape de la lutte, chercher à sortir du xxe siècle.
Il va de soi qu’aucune frontière visible ne séparait les gens qui choisissaient l’une ou l’autre de ces solutions (et certains, peut-être même la plupart, ne ressentirent jamais le besoin de choisir), lesquelles pouvaient cohabiter dans la même manifestation, s’opposer à la répression de l’Etat et se soutenir mutuellement dans les situations difficiles, mais la coexistence fut toujours fragile et difficile à maintenir, particulièrement parce que la première option conduisait habituellement des porte-parole des manifestants à apparaître à la télévision nationale, alors que la seconde option entraînait souvent la répression policière et judiciaire, la diabolisation par les médias, avec tous les problèmes qui surviennent lorsqu’on cherche à s’organiser de façon nouvelle et différente.
En outre, tandis que ceux qui optaient pour la solution b) étaient en général minoritaires et apprenaient à se connaître, il y avait toujours pléthore de groupes politiques militants prêts à entrer en lice pour devenir les « leaders révolutionnaires » du mouvement, et profusion d’individus enthousiastes aspirant à leur quart d’heure de célébrité aux informations de 20 heures. Le fait que Lisbonne (environ 2 millions d’habitants) et Porto (environ 1,5 million d’habitants) soient toutes deux beaucoup plus petites que Madrid ou Athènes, et que leurs centres-villes n’aient pas la densité qui caractérise Barcelone, par exemple, contribue également à expliquer les difficultés matérielles et logistiques rencontrées par ce mouvement pour jeter des bases plus solides entre les épisodes de mobilisation de masse.
A mesure que le mouvement mûrissait, et qu’on prenait l’habitude de la désobéissance et de l’illégalité dans les manifestations et les grèves générales, et alors que le gouvernement se révélait incapable de gérer le mécontentement et de maintenir les apparences de la normalité et de la paix sociale sur lesquelles se basait sa stratégie (on peut la résumer par une phrase, répétée sans cesse comme un mantra, « le Portugal n’est pas la Grèce »), les candidats prêts à s’exprimer au nom des protestataires se faisaient rares.
Cette situation perdura jusqu’à ce que le désordre dans la rue et la forme « inorganique » de la contestation deviennent insupportables pour la gauche, dont les militants s’unirent pour former une sorte de gouvernement du mouvement qui, en même temps, se présentait comme un groupe horizontal composé de citoyens lambda, Que se lixe a Troika ! (QSLT, « Que la Troïka aille se faire foutre ! ») Excluant à la fois les groupes de militants politiques plus réduits et ceux qu’ils appelaient « anarchistes » d’un ton dédaigneux parce qu’ils contestaient le rôle de l’autorité et des représentants à l’intérieur du mouvement, QSLT appela à une grande manifestation contre l’autorité le 15 septembre, profitant de l’annonce par le gouvernement deux jours auparavant du transfert le plus flagrant de revenu du travail vers le capital (en changeant le mode de contribution au système de sécurité sociale).
Le décor était littéralement planté pour que les manifestations n’aient pas seulement lieu à une heure donnée mais pour qu’elles se terminent également à une heure prédéterminée, en général après le discours des « organisateurs de la manifestation » et après leurs interviews dans les médias. C’est alors que les syndicats proches du PCP se joignirent à ce qu’ils avaient jusque-là rejeté comme « contestation inorganique ».
Si la bonne volonté et la sincérité des gens impliqués dans QSLT ne font pas de doute, il est difficile de ne pas voir dans leurs efforts et dans leurs choix certains des éléments les plus déterminants qui expliquent pourquoi la contestation anti austérité atteignit son apogée (le 2 mars 2013, on estime que près d’un million de personnes ont défilé à Lisbonne) et commença ensuite à décliner immédiatement, au point qu’il est désormais difficile de se souvenir qu’elle a eu lieu. D’une part, QSLT bénéficia un certain temps d’une couverture télévisuelle inédite, ce qui – dans un pays où le taux d’illettrisme est relativement élevé, rend son influence particulièrement visible – se traduisit par un nombre croissant (beaucoup plus important) de personnes descendant dans la rue. Mais cela s’accompagna de la dénonciation et de la mise à distance de toute action illégale et de tout heurt entre la police et les manifestants (tant dans les manifestations organisées par QSLT que dans celles qui résultaient d’appels anonymes sur les réseaux sociaux, par exemple lors des deux sièges du parlement en octobre 2012), de manière à apparaître comme un acteur constructif au sein du processus démocratique.
En même temps, QSLT gardait soigneusement secrets les liens politiques qu’il entretenait avec les partis gauchistes, à la fois en ce qui concerne l’affiliation de plusieurs de leurs membres et en ce qui concerne le soutien logistique qu’ils lui apportaient (notamment des estrades et une sonorisation puissante, capable de noyer tout autre discours spontané). La culture de la compétition qui caractérise la gauche ne tarda pas à se matérialiser pendant les réunions de QSLT, et aboutit à des accusations réciproques de récupération de la part des militants des deux partis. L’équilibre interne de la plateforme commença à se rompre à mesure que les médias prenaient conscience de l’étendue de sa dépendance envers les partis de la gauche, et s’empressa de le révéler. La participation assumée de plusieurs de ses membres à des campagnes électorales, en tant que candidats de l’un ou de l’autre parti, en vue d’élections aux municipales et au Parlement européen ne rendit ce phénomène que plus flagrant.
Tandis que tout ceci se déroulait rapidement, l’intensité croissante de la contestation aboutit à une grève générale particulièrement combative le 14 novembre 2012, au cours de laquelle les heurts avec la police devant le parlement durèrent plusieurs heures et culminèrent dans une charge massive de la police anti émeutes qui balaya la place et les rues adjacentes, laissant derrière elle une traînée de blessés et se heurtant à une masse de barricades en feu. Plusieurs personnes furent arrêtées dans des conditions que même l’IGAI (la police des polices) qualifia d’« illégalité flagrante ». Les jours suivants furent consacrés à une gigantesque campagne politique dans les médias, y compris l’usage par la police de séquences filmées des manifestations, ainsi que de plusieurs menaces d’assignation à résidence contre ce que la classe politique et l’opinion publique s’accordaient à décrire comme des « professionnels du désordre », c’est-à-dire les militants anarchistes entretenant des liens internationaux avec une hydre révolutionnaire imaginaire qui se manifeste périodiquement par des vagues de destruction des centres-villes.

Ceci alimenta une paranoïa généralisée qui ôta toute initiative aux milliers de personnes qui contestaient depuis des mois le monopole de la violence de l’Etat pour l’offrir à ceux qui souhaitaient des manifestations pacifiques et disciplinées visant à faire tomber le gouvernement : en exigeant des élections qui permettraient, disait-on, de lutter par la voie des urnes.
On n’a pas suffisamment parlé des conséquences à long terme de cette réduction de la politique et de l’histoire au domaine des choix institutionnels, mais il est évident qu’à partir du moment où les perspectives du mouvement étaient de renverser le gouvernement et échouaient à le faire (puisque le scénario exige une majorité absolue au Parlement et le ferme soutien du président de la République), la plupart des gens commencèrent à se sentir impuissants et cessèrent de croire que leurs actions et leur mobilisation puissent avoir le moindre résultat concret. Les limites de ce système alliant la politique classique à la contestation dans la rue se manifestèrent encore plus clairement lorsque, un an plus tard, la CGTP appela à une manifestation qui arriverait du sud et traverserait le pont sur le fleuve à Lisbonne. Le gouvernement s’empressa de la déclarer illégale pour des raisons de sécurité et, à son tour, la CGTP s’empressa d’en faire un geste symbolique, traversant le pont en bus et démarrant la manifestation à Lisbonne. Le mouvement contre l’austérité était désormais officiellement mort, et les manifestations suivantes prouvèrent seulement que l’ordre régnait à Lisbonne (et à Porto, à Coimbra et à Faro). La politique était redevenue ce qu’on lit dans les journaux ou qu’on regarde à la télévision, au lieu d’être l’expérience partagée de la contestation de l’ordre existant et une tentative de penser et d’agir autrement. Une fois la lutte épuisée, lutter par la voie des urnes devint un scénario viable et contribuer à renforcer solidement la gauche au parlement devint la seule possibilité. Nous continuons à danser sur place au son de cette marche funéraire. Reposez en paix.

Une brève épitaphe
Tout ceci a fait le lit de notre situation actuelle. Depuis que les urnes se présentent comme le seul moyen de changer quelque chose dans une situation qui l’exige, le sentiment d’urgence né des effets de l’austérité aboutit à préférer la recherche d’une gauche capable de gouverner et de rompre l’alternance traditionnelle entre le centre-droit et le centre-gauche. Privée de l’élan qui a propulsé Podemos hors de la rue et l’a poussé au cœur de la politique espagnole, ou privée de la capacité de Syriza à s’adresser à la fois à la rue et aux marchés, tout en visant la fin de l’austérité au sein de l’Euro zone, la gauche portugaise s’enferme dans l’illusion qui veut que la souveraineté nationale soit l’espace le plus adapté pour résister au néolibéralisme, puisqu’il est au moins formellement démocratique, contrairement à la nature autoritaire et technocratique de l’intégration européenne. A cet égard, le Bloc des Gauches (fondé sur une plate-forme de la gauche européaniste) s’est visiblement rapproché des positions du PCP (eurosceptique depuis le commencement, même s’il a mis fin à sa campagne contre l’appartenance à l’UE à la fin des années 1990), et les deux partis défendent désormais une sortie négociée de l’Euro zone comme préalable à une politique économique vaguement keynésienne et développementaliste, susceptible de créer de l’emploi et suffisamment de croissance du PIB pour investir dans un système de protection sociale. Les évolutions récentes des négociations entre le gouvernement grec et l’« Euro groupe » donnent à cette perspective une impulsion supplémentaire et convainc beaucoup de gens indécis qu’un rejet de l’austérité aboutirait inévitablement à un « Portugexit ». Cela s’accompagne de plusieurs manifestations préoccupantes d’un nationalisme de gauche (que l’on dit généralement « patriotique » afin d’éviter un terme aussi déplaisant) et de toute une rhétorique sur « l’impérialisme allemand » (qui va parfois jusqu’à parler d’« impérialisme de l’Europe du Nord ») qui vont persister, comme le suggère la dernière affiche placardée dans tout le pays par le Bloc des Gauches, montrant (avec un mauvais goût politique glaçant) une photo du Premier ministre portugais aux côtés d’une Angela Merkel approbatrice et surmontée d’une phrase en allemand (incorrect apparemment) : « Eine Regierung die Deutscher als die Deutscher ist » (« Un gouvernement plus allemand que le gouvernement allemand »).
Aucun des candidats dont le but est de gouverner le pays ne daigne expliquer comment une sortie de l’Euro zone pourrait se traduire à court terme par autre chose qu’une austérité accrue, repoussant aux calendes grecques la possibilité très aléatoire de l’amélioration du niveau de vie. Cependant, on ne peut négliger l’espoir, qui semble très fort, de capitaliser sur le désespoir généralisé. Et puisque les institutions européennes semblent s’ingénier à manifester leur plus profond mépris à l’égard des choix démocratiques des pays de la périphérie, l’orgueil national et l’appauvrissement de la société semblent concorder avec le récit politique de la gauche. Il ne faut pas attendre grand-chose des élections du 4 octobre 2015. Puisque le Parti Socialiste (PS) est dans l’opposition depuis quatre ans – et critique ouvertement plusieurs mesures prises par le gouvernement tout
en refusant d’expliquer comment il agi-
rait ­différemment dans l’Eurozone (qu’il est impensable de quitter, puisque le PS est de loin le plus enthousiaste des partis pro-européens portugais et a habilement lié le projet d’intégration européenne à la stabilisation du régime démocratique) – il peut désormais se présenter comme une alternative à la coalition de droite, et à son projet d’« austérité intelligente » visant à faire décoller la demande domestique en mêlant des allègements d’impôt à une utilisation plus efficace des fonds européens. Le PCP devrait bien s’en sortir, bien qu’il soit loin de devenir l’équivalent portugais de Syriza (il a obtenu 12% de voix supplémentaires dans les élections parlementaires européennes l’an dernier). Le Bloc des Gauches a subi plusieurs scissions ces dernières années et sera probablement écrasé au profit de ce qu’il est convenu d’appeler le « vote utile », qui montre que les électeurs sympathisants de la gauche préfèrent voter PS plutôt que prendre le risque d’une victoire de la droite. Plusieurs autres partis qui se présenteront pour la première fois échoueront probablement à obtenir le moindre siège. La seule bonne nouvelle dans ce domaine est que l’extrême droite portugaise demeure très faible et n’a pas gagné un seul siège, contrairement à ce qui se passe en Grèce (et dans plusieurs autres pays européens). Puisque la coalition au gouvernement fait une campagne basée sur la nécessité de combiner discipline fiscale et budgétaire en se préoccupant de la pauvreté et des inégalités sociales, le résultat probable des élections sera un gouvernement qui poursuivra la dévaluation interne et le contrôle social néolibéral, tandis qu’une opposition de gauche regagnera ce qu’elle avait perdu lors des élections précédentes pour le reperdre lors des élections suivantes, réalisant ainsi la quadrature du cercle. La nature catastrophique de la situation crève les yeux : il n’existe plus de souveraineté permettant de prendre des décisions susceptibles d’avoir un effet sur la vie des gens, à moins que les gens n’acceptent de vivre dans de bien pires conditions matérielles, ce qui ferait de l’austérité, plus ou moins dure, le seul programme dont dispose un gouvernement au niveau national. Et jusqu’à l’avènement d’un mouvement transnational de lutte contre cet état de choses, il nous reste la fiction des élections nationales pour nous doter d’institutions nationales qui ne peuvent rien faire d’autre qu’appliquer le même programme, puis mâter et punir tous ceux qui résistent. Ce travail est en cours dans le laboratoire néolibéral de l’Europe du Sud, mais cela mis à part, tout est calme sur le front de l’Ouest.
R. N.
(traduit de l’anglais par A. G.)

Une réflexion au sujet de « Portugal. Tout est calme sur le front de l’Ouest ? (II) »

Les commentaires sont fermés.