Le krach chinois : les balbutiements de l’économie de transition

En ces jours de panique boursière et de bulles qui éclatent, les marchés financiers chinois ressemblent à la roulette d’un casino, les paris se faisant sur les tendances à venir de l’économie. Au-delà des hauts et des bas quotidiens du jeu des actions, on peut observer les réactions du Parti communiste chinois au pouvoir (PCC) et celles d’autres acteurs, ainsi que les tendances à long terme du développement capitaliste chinois (1).
Comment toute cette histoire a-t-elle démarré ? Le cours des actions chinois est volatil depuis des années, mais il n’a commencé à augmenter vraiment vite (par rapport à d’autres pays) qu’en novembre 2014 (2). En gros, les actions chinoises ont augmenté de plus de 100  % en six mois, avant que le marché ne s’effondre le 12 juin 2015. Le gouvernement se mit alors à acheter de grandes quantités d’actions, à annuler le lancement de nouveaux marchés financiers, à ordonner aux entreprises d’Etat de ne pas vendre leurs titre et à prendre d’autres mesures pour stopper la chute libre des cours. C’est seulement quand la moitié des actions furent retirées du marché et que beaucoup de celles qui restaient furent rachetées par des agences d’Etat que la chute commença à ralentir un peu. Elle continua cependant, avec de courtes périodes de panique autour du 27 juillet et autour du 24 août, amenant ainsi l’indice 40 % plus bas que celui du 12 juin (3).
Ces événements se produisirent dans le cadre d’un secteur financier qui était resté contrôlé par l’Etat et plus protégé que ceux d’autres pays capitalistes et pendant la période de « réforme » en Chine (c’est-à-dire de la fin des années 1970 jusqu’à aujourd’hui). Les marchés financiers de Shanghaï et de Shenzhen furent créés seulement en 1990 et 1991, en partie pour soutenir la restructuration des entreprises d’Etat. Mais ils jouèrent un rôle mineur jusqu’au début des années 2000, quand le gouvernement fit plus d’efforts pour commercialiser davantage le secteur financier afin de l’adapter à l’expansion capitaliste.
Une première grosse bulle du marché financier éclata au début 2007, quand les actions chutèrent suite aux rumeurs selon lesquelles le gouvernement voulait relever ses taux directeurs et surveiller la spéculation financée par le crédit (4). Après 2007, le secteur financier fut davantage intégré dans le développement des politiques du gouvernement, pour amortir les effets de la crise économique (un énorme programme gouvernemental de relance économique, basé sur le crédit accordé par le secteur bancaire contrôlé par l’Etat) (5).
Les effets de la crise entraînèrent aussi l’expansion d’un secteur bancaire « de l’ombre », qui échappe en grande partie au contrôle du gouvernement (6), mais joue un rôle important dans le financement des entreprises privées et les projets de développement des gouvernements locaux.
Dettes et ralentissement
Dans les années qui suivirent 2008, les programmes de relance du gouvernement continuèrent, surtout ceux concernant la construction et les infrastructures. En conséquence, la dette totale passa de 178  % du PIB en 2007 à 282  % en 2014. Les gouvernements locaux et les entreprises d’Etat se sont aussi fortement endettés (cette dette entrave le développement et la croissance économique) (7). Afin de générer des fonds suffisants (nécessaires pour assurer la croissance économique et empêcher le mécontentement social autant que l’instabilité politique), le gouvernement a l’intention de « libéraliser » le secteur financier. Fin 2013, il lance de nouvelles mesures : création d’une nouvelle zone de libre-échange à Shanghaï, des efforts pour internationaliser la monnaie renminbi , et une dérégulation supplémentaire des marchés financiers de Shanghaï et Shenzhen (8).
Pendant ce temps, les signes d’un ralentissement économique augmentent. Après vingt ans d’augmentation du PIB d’environ 10 % par an, la croissance est tombée depuis 2012 à moins de 8 %, oscillant entre 6 % et 7 % cette année (9). Le gouvernement a déjà reconnu le ralentissement de l’économie et, en 2014, décrit la situation comme « la nouvelle norme » (xin changtai). Ce terme reflète le changement d’orientation du modèle de développement économique, s’éloignant de la croissance rapide de l’exportation vers un modèle plus équilibré, mais montre aussi l’effort du gouvernement pour apaiser les craintes des acteurs économiques devant les conséquences de la transition (10). Cependant les symptômes du ralentissement sont nombreux et plus forts que prévus, et le gouvernement a du mal à en contrôler les effets. La consommation des ménages est restée chroniquement basse (malgré les hausses de salaires) ainsi que l’investissement privé. L’augmentation des salaires signifie l’augmentation du coût du travail, et donc la perte de compétitivité de certains secteurs (11). Par conséquent, certaines capacités industrielles ont été délocalisées vers des provinces de l’intérieur avec des salaires inférieurs, et certaines industries de main-d’œuvre sont même parties vers d’autres pays (12). De plus les profits industriels ont diminué (13) et de nombreux secteurs souffrent de surcapacités, à cause d’investissements récents fort importants (souvent subventionnés par l’Etat et « gaspillés ») (14). Récemment, les exportations ont stagné ou même diminué (15).
Injections et bulles
De façon à éviter d’autres dettes avec leurs effets sur la croissance et le développement économique en général, le gouvernement communiste chinois a besoin de nouveaux fonds. Les énormes réserves de devises étrangères (résultant du surplus commercial) ne peuvent plus être utilisées comme avant parce que ce surplus est volatile et les réserves ont déjà diminué (16). L’épargne énorme des classes moyennes (17) pourraient être un remède si elles pouvaient servir à injecter des liquidités : pour les entreprises d’Etat endettées, pour les fonds de retraites d’Etat déficitaires et les fonds d’assurance maladie aussi déficitaires (18). En canalisant une partie de ces économies vers le marché financier, cela pourrait aider à rééquilibrer les dettes, et ainsi transférer les risques économiques aux investisseurs privés.
Dans cet arrière-plan, plusieurs événements ont conduit à la surchauffe du marché financier : premièrement, le gouvernement a suspendu les restrictions d’achats d’actions par emprunts (margin trading) en 2014. Deuxièmement, de plus grandes quantité d’argent « bon marché »sont devenues disponibles après que la banque centrale chinoise eut diminué ses taux directeurs, le 21 novembre 2014 (19). Troisièmement, l’immobilier a été un élément important dans la croissance économique de la dernière décennie, mais le prix de l’immobilier est resté stable ou a même décliné depuis 2012 (la disparition de la pression de la bulle immobilière a commencé dans le milieu des années 2000) (20). Par conséquent, en 2014, davantage de gens de la classe moyenne étaient prêts à investir dans des actions plutôt que dans l’immobilier, espérant ainsi accroître leurs revenus. Quatrièmement, à l’automne 2014, le gouvernement commença une campagne médiatique pour encourager les investissements privés en Bourse, de nouveaux investisseurs privés ont fait confiance au gouvernement, à sa volonté de soutenir l’augmentation de la valeur des actions, et à sa capacité à contrôler le marché . Des dizaines de millions de nouveaux portefeuilles d’actions ont été ouverts depuis et beaucoup d’actions ont même été achetées avec des emprunts, dans l’espoir que leur cours augmente pour pouvoir faire du profit.
De cette façon, la précédente bulle immobilière a été remplacée par une bulle boursière. Les premiers signes inquiétants d’une possible baisse du cours des actions est apparue au printemps 2015, et même les média chinois ont parlé d’une « bulle » (paomo) pour des mois. Mais ce ne fut pas avant mi-juin que la confiance se transforma en peur et la peur en panique et que de nombreux investisseurs commencèrent à vendre leurs actions à des prix de plus en plus bas (après que le gouvernement ait annoncé son intention de limiter le taux de prêt marginal, après la chute du cours des actions, et après que les premières tentatives pour « sauver le marché » (jiushi) eurent échoué.
Tournant
Le krach boursier se produit à un moment où le modèle du développement chinois prend un tournant, la tempête financière reflète des problèmes structuraux de l’économie sous-jacents autant que des changements sociaux et des tensions dans la société en général. Depuis le début des années 1990, la Chine est devenue la deuxième puissance économique mondiale et le moteur d’une croissance mondiale représentant aujourd’hui 15 % du PIB mondial (21). Premièrement, ce boom a été dû surtout à l’exportation de produits de consommation produits par une main-d’œuvre « bon marché » de travailleurs migrants et les fondements de ce modèle s’écroulent depuis un certain temps. Alors que les exportations, c’est-à-dire les revenus dus à la vente de biens de consommation à d’autres pays, sont toujours un facteur important, elles ne sont plus dorénavant l’élément économique moteur. Depuis la crise d’après 2007 et après les programmes de relance, ce rôle fut repris par les investissements dans l’infrastructure et l’immobilier (basé sur le crédit et conduisant à l’augmentation rapide de l’endettement mentionné ­précédemment).
Deuxièmement, la composition sociale post boom est en train de changer. Les secteurs les plus dynamiques de l’économie chinoise (l’activité manufacturière, la construction et les services) reposent toujours sur le travail d’environ 280 millions de travailleurs migrants, mais le mécanisme du travail migrant « bon marché » dans les villes, quand il y a besoin et retournant ensuite à la campagne en période de crise et de chômage (comme en 1997-1998 et 2008-2009), est en partie saturé depuis que beaucoup de migrants se sont installés en ville de façon permanente. Ainsi, il y a moins de gens qui quittent la campagne parce que la Chine a atteint ce qu’on appelle le point de retournement de Lewis (excédent de main-d’œuvre rurale, source de la migration) arrive à son terme (22). Cela a conduit à une augmentation du manque de main-d’œuvre dans les régions, qui a commencé à apparaître il y a une dizaine d’années.
Troisièmement, les deuxième et troisième générations de travailleurs migrants font entendre leurs voix pour de meilleures conditions de vie, ont davantage d’expérience d’organisation et de lutte et se sont arrangés pour tirer profit de la pénurie de main-d’œuvre. Le résultat a été une forte augmentation des luttes de travailleurs migrants depuis le milieu des années 2000 entraînant des augmentations de salaires constantes (23). Alors que le modèle du travail « bon marché »n’a pas disparu, il est réellement sous la pression de la base des travailleurs migrants dont le pouvoir ­augmente.
Quatrièmement, pendant ce temps le gouvernement du PCC veut stabiliser son régime et donc doit conforter la croissance. Pour empêcher l’augmentation des protestations des travailleurs, il est prêt à faire des concessions (24). Il s’efforce activement de promouvoir la transformation de l’économie basée sur le travail bon marché, sur la sous-traitance et orientée vers l’exportation en une économie à plus haut degré de technicité, à plus haute valeur ajoutée (high-tech) et orienté vers la consommation intérieure, diminuant ainsi la dépendance aux exportations (reéquilibrage) (25). Le ralentissement résultant de cette transformation était attendu et reste derrière la« nouvelle norme» des politiques annoncées, mais les pas dans cette direction remontent aux années 2000, furent intensifiées dans le 12e Plan quinquennal ( 2010-2015) et vont probablement être au centre du 13e (2016-2020) que prépare le PCC. Cependant ce processus en cours dépend largement des enjeux mondiaux, des crises mondiales, des luttes sociales en Chine et des efforts que fait le gouvernement pour les gérer (26).
Les effets économiques
Malgré les problèmes économiques évidents en Chine, en relation avec ce « reéquilibrage » et malgré la crise mondiale, il faut attendre pour voir jusqu’à quel point le krach boursier affectera la position de la Chine dans l’économie mondiale. Malgré le krach et le ralentissement, l’économie chinoise ne semble pas au bord de l’effondrement. Des signes de faiblesse économique sont visibles dans différents secteurs (déflation comme  résultat de la surproduction) et un « atterrissage brutal » est toujours possible, mais la plupart des indicateurs économiques montrent un déclin lent et continu plutôt qu’une chute brutale (27). Les marchés financiers chinois et le renmimbi sont toujours protégés et cela donne au gouvernement du PCC plus de pouvoir de contrôle de la crise, comparé à d’autres pays. De plus, le marché boursier chinois et le pourcentage des économies investies dans des actions sont très petits comparés à ceux des Etats-Unis et de l’Europe, aussi les pertes financières et les effets de la soi-disant économie réelle pourraient être plus limités que ce que laissent supposer les annonces de panique sur le krach (28).
Cependant le krach affecte le fonctionnement des marchés financiers chinois. Les entreprises chinoises ainsi que les projets des gouvernements locaux sont toujours financés par les banques (contrôlées par l’Etat), donc les dettes, plutôt que par la Bourse. Pour le moment, les tentatives pour canaliser l’épargne des ménages vers le marché financier et remplacer ainsi les dettes par des actions ont échoué. Les marchés financiers chinois sont devenus des sortes de marchés « zombie » car le gouvernement injecte de l’argent pour les maintenir en vie, même s’ils sont déjà morts, c’est-à-dire qu’ils ont cessé de fonctionner comme marchés. En conséquence, beaucoup d’investisseurs étrangers ont retiré leurs capitaux (pas seulement à cause du krach boursier) (29). On ne voit pas trop comment le gouvernement du PCC peut rétablir la confiance des investisseurs étrangers et chinois qui veulent spéculer en Bourse. Cela pourrait entraîner l’aggravation des difficultés pour financer les entreprises d’Etat ou les fonds sociaux et accroître la dette en général.
Pouvoir et légitimité
En attendant, les conséquences politiques pourraient être importantes. Les rapports laissent entendre que le krach boursier affaiblit la position de certains « réformateurs » du PCC qui soutiennent la libéralisation du marché, alors que celle des « conservateurs » qui défendent un rôle plus important de l’Etat et des petites entreprises soutenues par l’Etat  serait renforcée. D’autres observateurs voient une bataille d’influence et de pouvoir entre factions à l’intérieur du régime actuel, entre les soi-disant « princes héritiers» derrière le président Xi Jinping, qui défend les réformes structurelles vers la « nouvelle normalité » et les « populistes » autour du premier ministre Li Keqiang, qui défendent le marché financier en tant que mécanisme de stimulation de la croissance, après l’éclatement de la bulle immobilière (30). Cependant la direction du PCC dans son ensemble n’est pas opposée à une libéralisation plus grande ni à des réformes structurelles (mais à un rythme plus lent) et les rivaux ou les trublions à l’intérieur du PCC risquent d’être balayés au cours des campagnes récentes plus intenses contre la corruption (31).
Ce qui est le plus étonnant est la conséquence du krach et la réponse du PCC envers l’un des piliers de son pouvoir. La plupart des investisseurs privés font partie de la classe moyenne (professions libérales, employés d’Etat ou hommes d’affaires qui ont investi l’argent qu’ils avaient épargné pour l’éducation de leurs enfants, pour l’achat de maisons ou pour leur retraite). Cette classe moyenne a profité du boom depuis deux décennies et, donc, a soutenu le PCC depuis les années 1990. Aujourd’hui le PCC pourrait perdre toute légitimité à cause de la perte de confiance croissante en sa capacité à contrôler l’économie ou plutôt sa capacité à permettre à la classe moyenne de continuer à faire du profit. La classe moyenne a déjà été très perturbée par la campagne anti-corruption, mentionnée plus haut, qui a gêné les transactions commerciales et paralysé les officiels gouvernementaux à cause de leur peur d’être limogé. Les deux : les effets du krach boursier et la campagne anti-corruption, et aussi la corruption abyssale évidente et le dilettantisme officiel, illustré par l’explosion de matières chimiques dangereuses dans le port de Tianjin, le 12 août 2015 (32), pourraient affaiblir la position du PCC et sa capacité à assurer la paix sociale face à un mécontentement croissant.
R. R. (gongchao.org)
septembre 2015
(traduit de l’anglais par A. G.)

NOTES

(1) Cet article a commencé, au début septembre 2015, comme un entetien avec le site italien www.infoaut.org [www.infoaut.org/index.php/blog/approfondimenti/item/15426-crashing-stocks-la-trasformazione-cinese-arriva-ad-un-punto-di-svolta]. Les versions anglaise et italienne peuvent se trouver sur : www.gongchao.org
(2) www.zerhedge.com/sites/default/files/images/user3303/ imageroot/2015/07/20150708_chinavol1.jpg
(3) Malgré la chute, l’index boursier chinois du début septembre 2015 était encore bien plus haut que celui de fin août 2014 (d’environ 40  %) .
Pour l’évolution de l’index CSI 300 de Shanghaï Shenzen, voir www.bloomberg.com/quote/SHSZ300:IND ;
les observateurs y voient une rectification en retard : www.ft.com/cms/s/3/b6b826c8-1c08-11e5-a130-2e7db7db721f996.html

(4) www.nytimes.com/2008/04/02/business/worldbusiness/02yuan.html?pagewanted=all&_r=0 ; http://news.xinhuanet.com/english/2007-02/27/content_5780066.htm
(5) www.nytimes.com/2008/11/10/world/asia/10china.html ;
www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/ 2008/11/09/AR2008110900701.html
(6) Sur les banques « parallèles », voir : www.peri. umass.edu/fileadmin/pdf/working_papers/working_papers_351-400/WP375.pdf.
Les gouvernements locaux, incapables d’emprunter directement, ont créé des compagnies appelées « Local Government Financing Vehicles » (LGFV) pour pouvoir emprunter de l’argent et passer par le système bancaire parallèle: www.ibtimes.com/chinas-local-government-financing-vehicles-lgfv-7-things-you-should-know-about-chinas-local-debt; le système bancaire parallèle compte pour 30 % de tous les nouveaux crédits depuis 2007: www.mckinseychina.com/putting-chinas-debt-into-perspective.
(7). « La Chine était endettée avant de devenir riche » : www.ft.com/intl/cms/s/0/895604ac-10d8-11e4-812b-00144feabdc0.html;
www.washingtonpost.com/news/wonkblog/wp/2015/03/05/is-chinas-1929-moment-coming;
www.economist.com/blogs/freeexchange/2014/07/china-s-debt-gdp-level
(8) www.bloombergbriefs.com/content/uploads/sites/2/ 2014/09/EN-China_Financial_Data.pdf
(9) Dans les chiffres officiels, certaines estimations sont même plus faibles, voir par exemple :
www.zerohedge.com/news/2015-08-26/china-stunner-real-gdp-now-negative-11-evercore-isi-calculates

10. Sur la « nouvelle norme », voir :
http://news.xinhuanet.com/english/china/2014-11/09/c_133776839.htm
(11) Par exemple certaines parties du secteur du vêtement. Pour l’évolution des salaires, voir http://blogs.wsj.com/ chinarealtime/2013/05/23/seeking-help-for-chinas-labor-market
(12) www.chinadaily.com.cn/business/2010-07/06/ content_10069557.htm ;
www.washingtonpost.com/news/wonkblog/wp/2013/07/12/this-is-why-the-textile-industry-is-relocating-to-places-like-bangladesh
(13) www.bloomberg.com/news/articles/2015-01-27/china-s-industrial-profits-fall-most-since-2011-as-economy-slows; http://uk.reuters.com/article/2015/07/27/uk-china-economy-profits-idUKKCN0Q102M20150727

(14) Pour les investissements « gaspillés », c’est-à-dire une mauvaise utilisation du capital voir : www.ft. com/intl/cms//0/002a1978-7629-11e4-9761-00144feabdc0.html ; www.scmp.com/news/china/economy/article/1842793/solution-chinas-industrial-overcapacity-setting-more-factories
(15) Pour relancer les exportations, le gouvernement chinois a commencé par dévaluer sa monnaie le 11 août 2015 : www.theguardian.com/business/2015/aug/11/china-devalues-yuan-against-us-dollar-explainer; www.nytimes.com/2015/08/11/business/international/china-lowers-value-of-its-currency-as-economic-slowdown-raises-concerns.html?_r=0. Les ressemblances avec le développement du Japon dans les années 1980 et après sont étonnantes : incitations, dettes, surcapacité, déflation, stagnation : www.ft.com/cms/s/0/8d5eb8ae-5241-11e5-b029-b9d50a74fd14.html
(16) www.ft.com/cms/s/0/baee0b5c-b1b1-11e4-8396-00144feab7de.html
(17) Le taux d’épargne en Chine est le plus élevé du monde (plus de 50 %) ; le taux moyen mondial est de 20 % ; voir par exemple : http://en.people.cn/90778/8040481.html
(18) De plus, le gouvernement a essayé de relâcher un peu la pression financière sur les gouvernements locaux par un échange de dettes obligataires :
www.reuters.com/article/2015/05/21/us-china-debt-swap-idUSKBN0O60P22015052; www.bloomberg.com/news/articles/2015-07-14/china-said-to-consider-adding-1-trillion-yuan-debt-swap-quotas

(19) Pour la première fois depuis 2012 ; et il a été baissé depuis plusieurs fois: www.bloomberg.com/news/articles/2015-06-27/china-cuts-interest-rates-reserve-ratio-in-bid-to-stem-slowdown ;
www.nytimes.com/2015/08/26/business/international/china-interest-rates-stock-market-distress.html?_r=0
(20) La bulle immobilière est en relation avec la stimulation de la croissance par les gouvernements locaux ; ils ont accaparé la terre, la sous-payant aux paysans, et l’ont revendue à des promoteurs immobiliers qui ont construit d’immenses ensembles de tours. Après l’augmentation de l’immobilier en Chine depuis le milieu des années 2000 (au point que même la classe moyenne des villes avait des difficultés pour acheter), le gouvernement a commencé à prendre des mesures pour freiner le marché en 2011: www.businessinsider.com/real-estate-crash-in-china-2012-5?IR=T. Une autre cause du ralentissement du marché immobilier est le changement démographique : www.ft.com/cms/s/0/ca218cbc-7c63-11e4-9a86-00144feabdc0.html

(21) Pour les performances de l’économie chinoise, voir : http://blogs.ft.com/ftdata/2014/10/08/chinas-leap-forward-overtaking-the-us-as-worlds-biggest-economy
(22) Officiellement il y a encore 48 % de la population qui vit à la campagne, mais les observateurs estiment que c’est seulement 20 % de la force de travail qui travaille encore dans l’agriculture, pour la plupart d’âge moyen ou plus. De plus la population vieillit, conséquence de la politique de l’enfant unique qui a débuté dans les années 1980, donc il y a moins de jeunes qui rentrent sur le marché du travail chaque année.
www.ft.com/intl/cms/s/2/767495a0-e99b-11e4-b863-00144feab7de.html; www.clb.org.hk/en/content/tide-turns-sichuan-rural-labourers-find-opportunities-closer-home

(23) Pour ces luttes, voir : www.gongchao.org/en/texts/ 2014/new-strikes-in-china. Le gouvernement chinois, bien conscient de la nécessité et de l’urgence de contrôler ces luttes par un mélange de répression et de concessions, a augmenté le salaire minimum de plus de 10 % en moyenne par an depuis 2009 et envisage d’autres augmentations: www.reuters.com/article/2014/04/01/us-china-salary-idUSBREA3004H20140401
(24) Il est important de noter que le gouvernement a aussi réagi par une répression accrue envers les travailleurs grévistes et ceux qui les soutiennent, les ONG du droit du travail et de l’environnement et les mouvements féministes, en plus de la répression bien connue envers les avocats « de défense des droits humains ».
(25) Sur le problème du rééquilibrage, voir : www.ft. com/intl/cms/s/0/f8ed7dd8-841d-11e3-b72e-00144feab7de.html. L’économie chinoise a déjà changé :
le secteur des services compte pour 48 % du total de la production économique, l’industrie manufacturière et la construction 43 %, l’agriculture seulement 9 % : www.ft.com/cms/s/0/eab80bda-5508-11e5-8642-453585f2cfcd.html
(26) Ici la comparaison avec le Japon atteint ses limites. En Chine les espoirs des travailleurs de voir s’améliorer leur condition et leur détermination à lutter pour eux-mêmes semblent bien plus grands qu’ils ne l’étaient au Japon dans les années 1990.
(27) www.nytimes.com/2015/08/26/opinion/false-alarm-on-a-crisis-in-china.html, www.theguardian.com/commentisfree/2015/sep/14/chinese-economy-western-markets-china. Certains reportages montrent davantage de signes de crise et dépeignent une image très différente de celle des rapports officiels : « Le patient est malade » : http://ftalphaville.ft.com/2015/08/28/2138656/guest-post-trying-to-throw-our-arms-around-the-sick-chinese-economy ; d’autres sources parlent d’un « durcissement quantitatif » dû à la fuite des capitaux et à la diminution des réserves étrangères résultant de la dévaluation de la monnaie, ce qui pose à son tour de nouveaux problèmes : www.bloomberg.com/news/articles/2015-07-17/how-china-s-slowdown-is-worse-than-you-think.
Autres sources : www.bloomberg.com/news/articles/ 2015-09-07/china-s-foreign-exchange-reserves-fall-in-august-on-yuan-support ;
www.ft.com/cms/s/0/a8c9b500-555a-11e5-a28b-50226830d644.html, www.ft.com/ cms/s/0/baee0b5c- b1b1-11e4-8396-00144feab7de.html
(28) De plus, le nombre de sociétés actionnaires est assez faible, et une bonne partie des actions (85 %) sont possédées par environ 90 millions de petits investisseurs (privés), dont la plupart ont commencé à investir seulement ces deux dernières années. Cela signifie que moins de 10 % des ménages ont un portefeuille (55 % aux Etats-Unis) et ils investissent une petite partie de leur argent dans des actions (environ 15 %) : http://uk.businessinsider.com/statistics-on-chinese-invested-in-stock-market-crash-2015-7, http://uk.businessinsider.com/chinese-households-invest-little-in-stocks-2015-7?op=1?r=US&IR=T, http://uk.businessinsider.com/most-chinese-investors-and-corporations-are-not-invested-in-stock-market-2015-7?r=US&IR=T#ixzz3fPbUftPM
(29) www.theguardian.com/world/2015/aug/19/chinas-flight-of-capital-causes-global-ripples; www.ft.com/cms/s/0/1b7ae16e-4ff7-11e5-8642-453585f2cfcd.html
(30) http://blogs.ft.com/beyond-brics/2015/07/27/chinas-collapsing-stock-market-underlines-need-for-new-normal-reforms

(31) Ce ne sont pas seulement plus d’une centaine de cadres des gouvernements régionaux ou de niveau plus élevé qui ont été punis, mais aussi des centaines de milliers des échelons inférieurs qui sont un des piliers du pouvoir du PCC :
www.scmp.com/topics/xi-jinpings-anti-graft-campaign, www.ccdi.gov.cn/yw/201502/t20150212_51324.html

(32) Pour l’analyse de la signification de l’explosion, voir : http://chuangcn.org/2015/08/tianjin-explosion